Les survivantes - Lalie Walker

by - lundi, mai 21, 2012


Anne Boher, la très sérieuse et réputée légiste de la morgue de l'hôpital de Strasbourg, est harcelée et acculée, au bord du gouffre. Lettres anonymes et poupées ensanglantées déposées à son domicile sont sur le point de la rendre folle... Qui lui en veut ? Pour quelles raisons ? Serait-ce lié à sa volonté de demander l'exhumation des corps des victimes du fou de Blauelsand, affaire pourtant brillamment résolue, grâce à elle, deux ans plus tôt ? Y a-t-il un rapport avec le dossier 242 ? La maladie de sa mère ?
Son amie Laure Bellanger, psychologue, et Franck Albertini, un ancien flic tourmenté, tentent de voler à son secours. De son côté, Enzo Marquèz, l'assistant de la légiste, cherche ce mystérieux dossier dans les labyrinthiques archives de l'hôpital, un lieu sur lequel courent d'étranges rumeurs parlant d'expériences médicales...
En toile de fond, la canicule sévit, la capitale alsacienne connaît un été effroyable. L'hôpital est débordé, les décès se multiplient, la morgue est saturée. Les citoyens volontaires, militants d'un ordre nouveau, veillent tandis que dans l'atmosphère saturée de la ville, jaillis de nulle part, retentissent les grands airs de La Traviata.

Lalie Walker, née en 1964, est écrivain et psychothérapeute avec une spécialisation en sophrologie analytique et psychogénéalogie. Elle est l'auteur de : Aux malheurs des dames (éditions Parigramme, 2009), À l'ombre des humains (éditions l'Atelier In8, 2008), L'Appel du barge ("Le Poulpe", éditions Baleine, 2007), et des aventures du commissaire Jeanne Debors (Folio, 2005-2008).

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Aaahhh... Enfin...! Oui, enfin car cela faisait bien longtemps que je n'avais rien ressenti au cours de mes lectures, tout du moins rien d'aussi tangible que ce que j'ai ressenti à la lecture de cet excellent roman noir, très noir.

Dès les premières pages, j'ai été happée, comme prise à la gorge par l'atmosphère décrite : il m'a semblé brûler dans la canicule strasbourgeoise alors qu'ici, il fait plutôt des températures de novembre, et, je ne sais par quel ressort stylistique et je ne cherche surtout pas à savoir, c'est aussi ça la magie de la lecture, Lalie Walker est parvenue à me faire entrer dans la peau du personnage d'Anne Boher, au point de me sentir tout aussi oppressée qu'elle, de me sentir moi-même traquée.
Des personnalités nombreuses, complexes, multiples, névrosées chacune à leur façon, une galerie de portraits inquiétante qui se plait à nous malmener : on ne sait jamais où est le bien, où est le mal, qui fait le bien, qui fait le mal. De même qu'on devine l'impensable derrière l'intrigue principale, un impensable tellement effrayant qu'on peine encore à y croire une fois le mystère dévoilé.

Je lis pour recevoir, pour ressentir des émotions, et c'est certainement aussi pour cela qu'il m'est toujours difficile de parler de mes lectures. Trop souvent dernièrement, quand bien même ce que j'avais sous les yeux me plaisait, il n'y avait pas ce petit truc en plus, celui qui fait que tu as peur, que tu trembles pour le héros, que tu as envie de pleurer, de rire, de crier ta joie à la Terre entière... Ce roman a réussi à réveiller un truc endormi en moi.
Et accessoirement à me donner envie de me plonger dans les enquêtes de Jeanne Debors, personnage disparu évoqué dans cet ouvrage.

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