Vendredi...

by - lundi, novembre 16, 2015


Vendredi, je me suis levée le cœur léger. On était vendredi 13 mais, comme à chaque vendredi 13, je m'en foutais. Tout au plus ai-je pensé que vingt-quatre ans en arrière, c'était le jour où je décrochais mon permis de conduire. Et puis aussi que MariChéri allait certainement jouer à l'Euromillions. Des trucs anecdotiques. Légers.
J'étais chez mes parents, Il faisait beau. Une de ces journées d'automne exactement comme je les aime, baignée de cette lumière rasante et chaude qui te rend le cœur plus léger, qui t'aide à penser que la vie est belle.

Le midi, j'ai abandonné ma moitié à mes parents, au boudin blanc et à la compote de pomme, pour aller manger des sashimis avec ma sœur. Une éternité, je crois, que nous n'avions partagé un moment en tête-à-tête. C'était sympa. Super sympa.
Et puis il a fallu songer à repartir. Pas vraiment motivée. J'aurais adoré pouvoir prolonger ce moment en famille.

Sur la route du retour, j'ai pesté contre des dizaines de conducteurs qui squattent la file du milieu sur l'A13 au mépris des règles de base du code de la route. Nous avons écouté la radio, nous sommes félicités quand nous avons entendu dire que les Kurdes avaient repris la ville de Sinjar à cette engeance qu'est Daesh. Nous avons écouté un chouette groupe suédois que Petit C. a découvert il y a peu. Nous sommes partis dans un délire sans fin sur ce que nous ferions de nos millions si nous avions la chance de remporter le gros lot le soir-même, des rêves à base de grandes tables, de bons vins et de plaisir.

Nous sommes arrivés à la maison sous une pluie légère après avoir subi les embouteillages sur le périph' caennais. Comme à chaque fois, les chattes se sont barrées à peine nous avons ouvert la porte de la maison.
On a eu la flemme de préparer à manger le soir, alors on est allé chercher des pizzas. Après le repas, j'aurais dû bloguer, c'était ce que j'avais décidé de faire de ma soirée, mais l'inspiration s'est refusée à moi. Et puis il y avait le retour d'Ink Master à la télé, il ne fallait quand même pas rater ça ! Le moyen parfait pour boucler les trois jours de détente, d'insouciance et de légèreté que nous venions de passer. La vie quoi.

Jusqu'à ce moment, autour de 22 heures, où Mademoiselle A. est allée se balader sur Twitter...

Je ne te dis pas le reste, depuis, parce qu'il y a fort à parier que tu as, à très peu de choses près, traversé le week-end de la même façon que moi. Hagarde. KO debout. Bouleversée. Effroyablement triste. Perdue. Étranglée par l'émotion. Et la rage aussi un peu, force est de le reconnaître. Tétanisée.

Et aujourd'hui, à 13h47, j'ai réussi à pleurer... Enfin.

*

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10 commentaires

  1. Même ressenti ici. Tu as toujours les mots justes. Je n'ai pas pu m'empêcher de pleurer la matinée de samedi. Pourtant j'avais eu des nouvelles des miens et je les savais à l'abri. Mais....

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    1. Ça a été un choc terrible, trois semaines après, je ne parviens toujours pas à réaliser... Je crois que nous avons tous été terriblement touchés, chacun à son niveau, chacun à sa façon. Ce n'est pas anormal d'avoir ce type de réaction.

      Un copain d'adolescence était au Bataclan, le fils d'un ex-collègue de ma mère y a perdu la vie et l'aîné de MariChéri aurait dû y être et nous n'étions pas au courant. Tout ça m'a glacée.
      Si tu savais combien j'ai pu me féliciter d'avoir vu ma sœur ce jour-là...

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  2. J'ai eu la chance d'aller de me coucher tôt ce soir là. J'ai eu quelques heures de répit.

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    1. C'est terrible à dire, mais je vous envie presque, vous qui n'avez découvert ça qu'une fois que ça a été terminé... :/

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  3. Comme Meyilo, j'ai découvert les événements le lendemain matin, dans une incompréhension la plus totale. J'ai pu m'éloigner des réseaux sociaux toute la journée au vu de mon programme du jour mais le soir, la vraie confrontation a été terrible. Aujourd'hui encore, le choc est immense et les larmes présentes...
    Je t'envoie plein de pensées et de doux bisous, prends soin de toi.

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    1. Tu sais, je crois que nous ne pourrons jamais comprendre ni encore moins admettre ce qui s'est passé ce soir-là... Je n'ai pas fini d'en pleurer en tout cas.

      Je t'embrasse fort fort fort ma Copine. <3

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  4. et oui moi je l'ai appris par facebook

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    1. C'est vrai que les réseaux sociaux ont été particulièrement actifs ce soir-là, même si terriblement anxiogènes.

      *

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Et si tu me laissais un petit mot...?