Au-delà du mal - Shane Stevens

by - lundi, août 22, 2011


À 10 ans, Thomas Bishop est placé en institut psychiatrique après avoir assassiné sa mère. Il s'en échappe quinze ans plus tard et entame un périple meurtrier particulièrement atroce à travers les États-Unis. Très vite, une chasse à l'homme s'organise : la police, la presse et la mafia sont aux trousses de cet assassin hors norme, remarquablement intelligent, méticuleux et amoral.
Les destins croisés des protagonistes, en particulier celui d'Adam Kenton, journaliste dangereusement proche du meurtrier, dévoilent un inquiétant jeu de miroir, jusqu'au captivant dénouement.

"Cette œuvre bouleversante et intense, unique en son genre, constitue une des plus fascinantes plongées du roman noir dans les ténèbres de l'âme humaine. Inoubliable." P.B. - Atmosphères

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Quel étonnant roman que celui-là...! Étonnant à plus d'un titre. Tout d'abord parce qu'il est paru en France 30 ans après avoir été publié aux États-Unis, et ce malgré le fait qu'il soit visiblement considéré comme un monument du thriller là-bas. Parce que de son auteur, on n'a jamais pour ainsi dire rien su, même s'il a écrit quatre autres ouvrages ; pour te dire, on n'ignore même si Shane Stevens est son vrai nom ou un pseudonyme emprunté pour l'occasion. Et puis, et c'est là que je vais commencer à te dévoiler mon avis, parce sa lecture, en plus d'être longue et dense, risque fort de te laisser bien perturbé(e) une fois la dernière page tournée...

Je l'avoue, au départ, le bouquin m'a impressionnée : 900 pages, des critiques lues çà et là par toujours dithyrambiques, mes neurones en vrac qui me laissaient craindre un moment fastidieux, trop long pour y prendre un quelconque plaisir. Et puis, dès les premières pages, je me suis sentie happée, je me suis mise à dévorer, partout, à toute heure, j'ai su que la partie était gagnée.

J'ai aimé le style, le rythme surtout : l'action subit sans cesse accélérations puis ralentissements, sans règle aucune, que le bon vouloir de l'auteur, c'est surprenant au départ, mais finalement contribue à distiller une atmosphère super oppressante.
Du tueur, je ne peux pas te dire grand chose. Si ce n'est que je me suis très rapidement sentie mal à l'aise, tiraillée que j'étais entre la rage qu'il m'inspirait et mon envie de louer son intelligence et de le plaindre, de tout mon cœur. J'ai été absolument fascinée par la façon dont Stevens parvient à nous faire rentrer dans sa tête, au point que je me suis sentie devenir lui à un moment de ma lecture, exactement le dernier des trucs auquel je me serais attendue, et pour être honnête, que j'aurais souhaité.
L'ancienne étudiante en civilisation américaine que je suis a été captivée par le versant politique de l'histoire : les prises de positions pour ou contre la peine de mort et les intérêts qui se cachent derrière tout ça, les relations entre la presse et les politiques... Beaucoup ont jugé que c'était de trop et n'apportait rien au récit, moi je pense au contraire que ça fait bien plus que l'étayer : sans cela, il n'y aurait aucune histoire à raconter, de même que placer l'action à une autre époque aurait changé le rendu du livre, du tout au tout.

Tu l'auras compris, ce pavé est une réussite. Et la fin, je ne peux pas te dire, mais la fin... ;-) !!!!!

Ma huitième lecture pour le Challenge Thriller organisé par Cynthia.


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4 commentaires

  1. Je me le note pour une prochaine lecture...Bonne journée...

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  2. Ce matin à l'aube, j'ai traîné dans le rayon librairie de carrefour, je l'ai pris et reposé, il ne m'a pas tenté ... je verrai si je le trouve d'occase :)

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  3. Tu me fais peuuuuur ^^ Bises quand même :)

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  4. Comme toi, je pense aussi qu'il n'y a rien de trop dans ce livre, bien au contraire ! J'ai aussi été impressionnée par le nombre de page, et c'est écrit assez petit ! Et au final, il se lit presque très bien. Toute la partie avec le tueur est dérangeante et dérangeant aussi le fait qu'on veut en savoir plus sur la façon dont il fonctionne !

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Et si tu me laissais un petit mot...?