89 mois - Caroline Michel

by - samedi, mai 28, 2016


Quatrième de couverture :

"J'ai trente-trois ans, ça y est. À quarante ans et des poussières, mon corps sera hors jeu. Il me reste donc sept grosses années pour faire un enfant, soit quatre-vingt-neuf mois. Un chiffre minuscule. À peine deux mille sept cents jours.
Que peut-on faire en deux mille sept cents jours ?
Rien. J'en ai déjà mis cinq à construire trois meubles Ikea."

Jeanne, célibataire, contrôleuse de train sur la ligne Paris-Auxerre, n'a qu'une obsession : devenir maman avant que le temps la rattrape. Elle a fait une croix sur le couple, il lui faut simplement un géniteur. Sa décision ne fait pas l'unanimité auprès de ses amis, et, même si parfois elle doute, elle est déterminée à surveiller son cycle, à provoquer les rencontres, à boire des potions magiques et à lever les jambes après chaque rapport, sait-on jamais.

Avec ce premier roman empreint d'humour et de tendresse, Caroline Michel offre un portrait de femme d'aujourd'hui jubilatoire et émouvant, tout en posant la question du choix personnel dans une société conventionnelle.
Une nouvelle voix de la littérature féminine, d'une spontanéité rafraîchissante, avec laquelle il faudra désormais compter.

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Mon avis :

Je ne t'apprendrai rien, la blogo regorge de talents. Caroline, alias Ovary, je la lis depuis un moment déjà, occasionnellement certes, mais toujours avec plaisir, elle fait partie de ces plumes qui me ravissent. Et j'aime la douceur et l'acuité du regard qu'elle pose sur le monde qui l'entoure.
Alors quand j'ai appris que son premier roman était sur le point de paraître et qu'en plus, on m'a donné l'occasion de le découvrir, j'en ai été ravie.

Bon, pour tout t'avouer, je me suis demandé si c'était réellement une bonne idée, de me lancer dans cette histoire à base de "bébé à tout prix", vu le rapport douloureux que j'entretiens avec le désir de maternité. Et puis, très vite, je me suis dit que ce serait peut-être aussi l'occasion de me sentir enfin en paix et qu'il ne fallait surtout pas que je me prive d'un bon moment de lecture. Alors j'ai plongé. et je ne le regrette pas.

Jeanne m'a littéralement emportée dans le tourbillon de sa vie, elle m'a offert un vrai bain de jouvence. Je me suis revue à mes trente ans, en galère sentimentale, tiraillée entre l'envie de profiter de la vie et celle de me poser et de construire enfin. Les personnages sont attachants, j'ai eu l'impression qu'on faisait partie de la même bande de potes.
Et puis, derrière, plus sérieusement, se pose la question des conventions. Une question qui me parle, moi qui me suis si souvent oubliée au prétexte que "ça ne se fait pas" ou en me demandant ce qu'on allait penser de moi. Jeanne m'a donné une belle leçon sur ce plan-là, même si je reconnais que j'y travaille au quotidien, hein. C'est pour soi qu'il faut vivre. Et ce très joli roman plein d'optimisme m'a confortée dans cette idée.

*** Le Samedi, on Lit chez Virginie. ***

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