Felix Funicello et le miracle des nichons - Wally Lamb

by - samedi, octobre 08, 2016


Quatrième de couverture :

1964, dans la petite ville de Three Rivers, Connecticut.

Felix, 10 ans, fréquente l’école catholique St Aloysius, où sévissent entre autres la très psychorigide sœur Dymphna et Rosalie Twerskie, première de classe et du poil aux pattes : le genre de pimbêche à lever le doigt avant la sonnerie pour s’assurer qu’il n’y a pas de devoirs, juste au cas où. Le soir, après la classe, Felix retrouve le diner familial et tente tant bien que mal de faire ses devoirs, tout en admirant, crayon à la bouche, le poster de la star de cinéma Annette Funicello, qui, pour la plus grande fierté de ses parents, est une cousine éloignée…

Mais un jour, tout dérape. À cause d’une sombre histoire de paille, de boulettes de papier et de chauve-souris, sœur Dymphna finit délirante sous un bureau et se voit envoyée en maison de repos. Débarque alors l’incroyable Madame Marguerite, québécoise, pull-over rouge moulant, talons hauts et jupes fendues : le genre exotique pour les environs. Et comme les bonnes nouvelles n’arrivent pas seules, elle est suivie de près par Zenhya, jeune fille russe au caractère bien trempé, un franc-parler saisissant, déjà du monde au balcon, et une éducation sexuelle très avancée.

Et Felix Funicello grandit, et Felix Funicello s’émerveille. Entre la découverte des baisers à la française, les premiers frissons de l’école buissonnière, la jouissive descente aux enfers de Rosalie Twerskie et le si énigmatique parfum « Cognac » de la prof, le CM2 du jeune garçon sera grandiose, et la fête de fin d’année inoubliable. Qui sait, peut-être pourra-t-il voir Annette autrement qu’en poster ? Et l’embrasser pour de vrai ?

Après Le Chant de Dolorès, La Puissance des vaincus ou encore Nous sommes l’eau, Wally Lamb nous prouve la mesure de son incroyable talent en changeant encore de registre. Aussi hilarante que profonde, la chronique truculente du passage à l’adolescence de Felix Funicello, avec en toile de fond l’Amérique provinciale des années 60, tiraillée entre valeurs désuètes et modernité.

***

Mon avis :

Avant toute chose, je voudrais te rassurer quant au titre. Je ne suis pas bégueule, loin de là, mais je dois reconnaître qu'il m'a d'entrée un peu rebutée. Je l'ai trouvé un rien racoleur et n'eût été l'auteur de ce roman, j'aurais peut-être passé mon chemin. Et je serais pour le coup passée à côté d'un excellent moment de lecture.
Oui parce qu'au final, les nichons de la couverture, je me demande encore ce qu'ils viennent faire là. Il n'appartiennent même pas au champ lexical de ce court roman. Passons, je ne suis pas venue te faire une thèse sur la façon parfois étrange qu'ont les titres originaux d'être traduits dans notre belle langue...

En revanche, la quatrième de couverture fait le pitch de façon plutôt juste. Si on fait exception du nom de l'école qui n'est pas le même dans le texte, va savoir pourquoi.
La scène de la crise de sœur Dymphna est juste hi-la-rante.

C'est drôle et tendre. Un très joli portrait d'enfant dans l'Amérique des années 60, cette période si particulière où la société a connu de grands changements. J'ai particulièrement aimé tout ce qui tourne autour de la famille, du rôle de chacun, de leurs aspirations, des aventures qui sont les leurs.
Ça nous renvoie nous aussi à nos années d'écoliers et réveille de bien jolis souvenirs. Les amitiés, les découvertes, les relations entre enfants, la naïveté et le décalage qu'il peut y avoir parfois entre eux, leurs rapports aux adultes aussi... J'ai trouvé ça très bien vu. Vraiment touchant.
On s'attache sans peine aux personnages, même à ceux qui méritent d'être un peu rudoyés.

Moi, j'aurais volontiers passé un peu plus de temps en compagnie de Felix. Il est à croquer, exactement comme un bonbon acidulé qui pétillerait sur la langue en fondant bien trop vite.

Merci à NetGalley et aux éditions Belfond pour cette très jolie lecture.

*

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