En avril, j'ai lu et adoré...

by - lundi, mai 08, 2017


Douze lectures en avril, le rythme est toujours un peu poussif.

Au milieu de ça, deux grosses déceptions, Hortense de Jacques Expert et Am Stram Gram de M.J. Arlidge, dont j'attendais probablement trop. Ainsi que, dans une moindre mesure, La mort nomade, le troisième tome du Yeruldelgger de Ian Manook qui m'a bien moins emballée que les deux premiers.

Fort heureusement, il y a aussi et surtout eu quatre bouquins qui m'ont vraiment emportée, une autobiographie et trois romans dont je te parle de suite.

*


Pourvu que ça brûle - Caryl Ferey

Il ne fait aucun doute que Caryl Ferey est l'un des auteurs de roman noir que je préfère. Alors quand il passe à l'autobiographie, moi, je succombe. Forcément.

J'avais déjà été enchantée par l'excellent Comment devenir écrivain quand on vient de la grande plouquerie internationale, une pépite bien barrée, "du Nietzsche à la sauce Jimmy Connors", c'est l'auteur lui-même qui le dit. T'as qu'à voir le programme !

Dans Pourvu que ça brûle, Caryl Ferey raconte, à travers ses voyages en Nouvelle-Zélande, Australie, Indonésie, Chili, entre autres, la genèse de ses romans, comment les rencontres qu'il a fait au cours de ces périples ont donné naissance à des personnages... C'est à la fois passionnant et particulièrement intéressant quant au processus créatif, un truc pour lequel j'ai la plus grande fascination.

Au travers de ces lignes se dessine aussi le portrait de cet auteur engagé, dont les intrigues sont toujours taillées au cordeau, tout en reposant sur un travail d'enquête des plus minutieux. Ses romans sont tellement documenté qu'il en arrive même à étonner ses lecteurs originaires des pays où il choisit de situer son action. Pour te dire, ma bibliothécaire, qui est chilienne, a été totalement bluffée par la foule d'informations contenues dans Condor, elle m'a même confiée être étonnée que certains faits soient connus d'un non-chilien. Ce qui confirme la qualité de ses recherches.

Une autobiographie roots et rock'n'roll à savourer sans modération. Et ce que tu sois familier de l'auteur ou non.

***


La valse des arbres et du ciel - Jean-Michel Guenassia

Un très joli roman qui retrace ce qu'auraient pu être les dernières semaines de la vie de Vincent Van Gogh.

On est à Auvers-sur-Oise, à l'été 1890. Marguerite, la fille du Docteur Gachet, ne supporte plus le carcan que l'on impose alors aux femmes. Elle rêve de liberté, d'amour, de pouvoir faire ses propres choix. Mais son père en a décidé autrement.
Inévitablement, quand Van Gogh arrive dans le village, la toute jeune femme en tombe amoureuse. Lui ne pense qu'à peindre. Et si cette histoire était en fait très différente de celle que l'on croit connaître...?

Vincent Van Gogh est un artiste qui tient une place à part dans mon cœur, j'étais certaine de t'en avoir déjà parlé ici, mais impossible de retrouver quoi que ce soit sur le sujet... Toujours est-il que j'avais adoré  Le mystère Van Gogh, d'Antoine George, qui approfondissait la relation du peintre avec son frère Théo.
Cette version que Jean-Michel Guenassia livre des derniers jours de cet artiste à la fois maudit et génial, s'appuie sur de récentes découvertes et le récit romanesque est entrecoupé de passionnants encarts qui nous apprennent beaucoup sur la société de l'époque, la politique, la condition féminine.

Je me suis en tout cas laissée emporter par ce très joli roman qui m'a emmenée dans ce village que je connais très bien, à la rencontre de celui que j'aurais tant aimé connaître. J'ai lu ces pages avec beaucoup d'émotion, peu importe qu'elles soient proches ou non de ce qui a vraiment été.

***


Code 93 - Olivier Norek

Si je voulais te la faire courte, je te dirais qu'Olivier Norek est au roman noir, ce qu'Olivier Marchal est au cinéma et à la télévision : un flic passé de l'autre côté de la barrière. Pour notre plus grand plaisir, à nous, amateurs de noir bien noir.

Code 93 est son premier roman et nous emmène au cœur de la banlieue, de la violence banalisée qui y règne et des crimes gratuits qui font le quotidien des policiers qui y travaillent.

Tout commence avec un cadavre qui "se réveille" sur la table d'autopsie, suivi de la mort par auto-combustion d'un petit toxico. De quoi laisser penser à Victor Coste, capitaine de police depuis une quinzaine d'années en Seine-Saint-Denis, qu'il est face à une affaire des plus inhabituelles. Sentiment renforcé par les lettres anonymes qui commencent à lui parvenir...
Difficile de t'en dire plus sans t'en dire trop.

C'est vraiment très noir, terriblement réaliste, brut de décoffrage. On sent que l'auteur a une parfaite connaissance et du métier et du terrain. Le tout avec quelques touches d'humour et des personnages vraiment attachants. Impossible à lâcher une fois qu'on l'a commencé. Pour preuve, j'attaque en ce moment le troisième volume des enquêtes de Coste et son équipe.

***


Back up - Paul Colize

Mon énorme gros coup de cœur, non seulement du mois qui vient de s'écouler mais parmi tout ce que j'ai pu lire depuis le début de l'année !
La plupart des mots-clés qui font cette histoire est sur la couverture, si tu me connais bien, tu te doutes que certains m'ont forcément interpelée et que je n'ai pas envisagé une seule seconde de laisser passer l'opportunité de me plonger dans ce roman.

Deux histoires se déroulent en parallèle. Tout d'abord, il y a celle de quatre musiciens d'un groupe de rock qui périssent en très peu de temps dans des conditions et des lieux différents, le tout dans le Berlin de 1967. Les différentes enquêtes officielles concluent à des accidents, des thèses qui sont loin de convaincre les familles qui chargent un journaliste irlandais de chercher à établir la vérité.
La seconde se tient, elle, de nos jours, à Bruxelles, où un SDF renversé par un véhicule se retrouve victime du locked-in syndrome. Incapables de communiquer avec lui, la police et les soignants ne peuvent donc l'identifier. Mais l'inconnu de Bruxelles se souvient. De son enfance, de sa jeunesse, des choix qu'il a faits et qui l'ont conduit à quitter son pays, à changer de vie... Il déroule son histoire dans sa tête et petit à petit, les zones d'ombre s'éclairent. Mais comment parvenir à dire tout cela ?

Une histoire génialement ficelée, où on navigue sans arrêt entre passé et présent, de façon super habile, sans jamais s'y perdre. On navigue en permanence entre fiction et machination d'état, j'en suis vraiment restée sur le c*l, pour parler crûment.

J'ai été particulièrement touchée parce qu'à travers le vécu de mon père, je connais bien le Berlin de 1967. Je suis aussi une fondue du Londres des années soixante, celui qui a vu émerger le rock. Ce roman est truffé d'anecdotes, c'est une petite bible rock'n'rollesque à lui tout seul.
Quant au personnage principal, le SDF, il m'a tout simplement bouleversée. Et je dois avouer que, si la fin de ce roman m'a littéralement soufflée, elle m'a aussi beaucoup fait pleurer.

Un bouquin que j'ai adoré, à classer dans la catégorie de ceux qu'on dévore mais sans trop de hâte d'avoir à tourner la dernière page. Une réussite absolue qui m'a donné envie de découvrir l'auteur plus avant.

***

Et toi, tu as fait des lectures sympas le mois dernier...?

*
Ces quatre ouvrages ont été empruntés à la bibliothèque de Caen.

You May Also Like

1 commentaires

  1. Tu rallonges ma liste d'envie lecture. Tu as un bon rythme de lecture. Perso, en ce moment,j'ai du mal à lire... pourtant plein d'idées mais bon..
    J'avais adoré Am Stram Gram, c'set marrant comme quoi les goûts et les couleurs.

    RépondreSupprimer

Et si tu me laissais un petit mot...?