De l'oubli


Mardi soir, quand j'ai quitté la maison pour partir à mon atelier d'écriture, le ciel était rempli d'étoiles. C'était magique et ça m'a un peu serré le cœur.
Il faut dire que je venais de chouiner pendant un certain temps, pour ne pas dire un temps certain, en écoutant du Bob Dylan... When the evening shadows and the stars appear...

Depuis plusieurs semaines, ma vie est remplie de larmes et de tristesse.
Depuis plusieurs semaines, je lutte pour ne pas perdre tout à fait ce sourire dont tout le monde dit qu'il est tout moi.
Je ne m'affole pas, je sais que tout ça finira par rentrer dans l'ordre. Je fais tout pour en tout cas.

Bref.

Hier, il y avait atelier d'écriture. Et Marie qui l'anime nous a proposé un exercice qui s'est avéré pour moi bien compliqué : il s'agissait de créer un personnage.

Toutes les personnes qui me connaissent bien savent combien mes écrits sont remplis de moi, combien j'ai du mal à me détacher de tout ce qui fait ma vie quand je prends la plume. Alors tu penses bien que l'histoire du personnage, elle m'a bloquée.
Heureusement, nous avions pour nous guider un questionnaire à la façon de celui de Proust. Que, contre toute attente, j'ai réussi à suivre tout en conservant un minimum de distance. Enfin... ça, c'était avant que je n'atteigne la 23ème question...

Quel serait votre plus grand malheur ?

Autant te dire que j'étais à des lieues du moindre semblant de recul quand la réponse m'est venue en tête. Dans la peau d'un personnage, mon c*l, pour parler trivialement.
Qu'à cela ne tienne, je vais passer à la question suivante et y reviendrai plus tard.

Et votre plus grande peur ?

Je ne te fais aucun dessin, je pense que tu as compris... Zou... Question 25...

Votre plus grand regret ?

Là, tu vois, le personnage, d'un coup, il s'est retrouvé loin, très loin. Totalement hors de ma portée.
Et je me suis vue inscrire sur ma feuille que malheur, peur et regret fusionnaient en une seule notion : l'oubli.

Parce que c'est un fait, plus qu'un fait même, une douloureuse évidence, je suis terrifiée à l'idée que l'on m'oublie. Que les gens qui comptent pour moi m'oublient. D'avoir été incapable de me rendre inoubliable. C'est peut-être très con, mais c'est comme ça. Cette idée fait plus que me blesser ou tout simplement me rendre triste, oui, elle me terrifie. Ce fichu besoin que j'ai d'être constamment rassurée, de savoir que je ne suis pas rien, qu'on me parle, même si c'est pour ne pas dire grand chose, qu'on me montre qu'on est là, même si c'est en silence.

Dans une autre vie, j'aurais aimé être capable de vivre détachée de tout cela. Dans une vie où je me serais construite différemment, une vie où je n'aurais pas traversé les mêmes épreuves.
En l'occurrence, aujourd'hui, il faut juste que je fasse avec. Alors depuis mardi soir et ce moment où cela s'est si violemment rappelé à moi, je pleure...

Et si toutefois tu te poses la question, sache que mon personnage a finalement bien vu le jour. Elle s'appelle Félicité et attend avec impatience le printemps pour renaître.

*

CONVERSATION

2 commentaires:

  1. Tu sais juste te dire que tu fais partie de celles que je n'oublie pas
    je t'embrasse fort ...

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  2. Je ne t'ai rencontrée qu'une fois mais tu es effectivement inoubliable ! Bisous

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Et si tu me laissais un petit mot...?

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