Comme sur des montagnes russes...

by - vendredi, mars 30, 2012


Des semaines que je me dis qu'il serait bien que je le rédige, ce billet... Des semaines que je renâcle, que je n'arrive pas à entrevoir par quel bout prendre les choses, que je me demande si le jeu en vaut la chandelle... Des semaines que je me retiens parce que ça me gonfle aussi d'être lue par des gens que j'exècre et que tout ceci ne regarde en rien...
Et puis, il y a eu hier, et l'évidence née de la déferlante de mots tendres que tu m'as laissés à la suite de mon billet sur la famille Bras : ma vérité, elle est là, pas chez les néfastes !

Ma santé, je l'ai un peu évoquée hier, sinon je n'en parle pas ici. Pas de façon détaillée tout du moins, tu comprends pourquoi. Mais c'est elle qui explique que, depuis un certain temps, je peux te paraître différente, un peu absente, moins capable d'altruisme, ayant perdu mon sens de l'empathie, certainement moins joviale aussi... J'ai la sensation que mes perceptions sont totalement brouillées. Ce n'est pas désagréable à proprement parler, juste vraiment déstabilisant : c'est compliqué d'avoir du mal à se retrouver dans ses réactions, et même dans son être tout entier.

Au quotidien, ça se traduit par du silence. Beaucoup de silence. Un silence assourdissant. Le truc dont je suis bien peu coutumière. Parce que je ne trouve pas les mots, là où d'ordinaire je piapiaterais pendant des heures et des heures... Une chose est sûre, si les mots ne sortent pas, ça ne veut absolument pas dire que je ne ressens rien, bien au contraire. Mes sensations, elles, en plus d'être chamboulées, sont décuplées, non, même pas, ça n'est pas assez fort comme terme, démultipliées à l'infini...
En résumé, je suis capable de pleurer devant un simple documentaire, de ne pas donner de nouvelles à ma famille pendant des jours et des jours, d'hurler de rire pour une blague vaseuse, de rester de marbre devant un truc qui émeut la Terre entière : c'est le Bronx intégral là-dedans !

Sur la blogo, il y a mille petits signes qui peuvent te dire que les choses ne sont pas tout à fait comme d'habitude. Que tu auras peut-être remarqués. Ou pas !
Bon, je ne laisse pas de commentaires, ça, je m'en suis déjà longuement excusée : les mots ne viennent pas, je n'y peux rien. Comme je l'écrivais hier, je lis toujours, je furète toujours à droite à gauche, mais réagir, c'est compliqué.
Si tu attends un heureux évènement, il y a fort à parier que je ne m'en mêle pas, que je n'ai même pas fait partie de la cohorte de personnes qui sont venues te laisser des messages de félicitations : ne m'en veux pas, le sujet est hyper sensible pour moi, non que je ne m'en réjouisse pas pour toi mais, au moment de te le dire, je m'effondre parce que c'est un truc qui continue de se refuser à moi... Du coup, je me tiens éloignée de ce bonheur-là chez les autres.
Je suis aussi incapable de trouver les mots pour dire aux personnes qui n'ont pas le moral, qui traversent des moments compliqués, que je les soutiens d'où je suis, comme je peux. Ça me fend le cœur, je lis de la détresse, des histoire de galères de boulot, d'amours qui se terminent mal... Et je ne sais pas comment donner un moment, quelques mots, un sourire, des trucs qui ne changeront fondamentalement rien mais dont je suis bien placée pour savoir combien ils sont précieux quand on traverse une période de turbulences.
Les rendez-vous hebdo, je fais ce que je peux. Parfois, je reste bloquée devant Monsieur Mac pendant des heures alors qu'à priori, le sujet m'interpelle et même bien pire, que je me suis engagée à participer. Et ça m'énerve, si tu savais comme ça m'énerve. Même ici, il y en a un que j'ai lâché, Ma semaine sur la Blogo pour ne pas la citer. Ça, c'est suite à un gros coup de colère, que j'expliquerai certainement dans les jours qui viennent, quand l'énervement sera retombé...
Et les mails, n'en parlons pas... J'en ai comme qui dirait une pile astronomique à éplucher et auxquels répondre...

Tout ça pour te dire, alors que j'attaque facilement la cinquième heure passée devant ce billet (pas non-stop, je te rassure !), à réfléchir, à chercher mes mots, à tenter de trouver le moyen le plus juste de formuler mes sensations... Bref, en résumé, même si je suis différente aujourd'hui, je suis au fond toujours exactement la même.
Et c'était important pour moi de te le dire aujourd'hui !

*

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21 commentaires

  1. Cinq heures pour nous écrire un joli billet, qui vient des tripes. Ceux qu'on a du mal à balancer, mais qui font drôlement de bien, à l'auteur comme à ses lecteurs.

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  2. Les mots sont souvent libérateurs des tensions que l'on ressent et il me semble qu'il est important de les exprimer. J'espère de tout coeur que tout va rentrer dans l'ordre très prochainement.

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  3. Et bien je te fais un gros câlin virtuel en espérant que tu retrouves ta sérénité perdue ! Ton article est bouleversant de sincérité, tu as eu raison de poser des mots sur ce que tu ressens, c'est souvent libérateur, et cela permet de t'envoyer tout notre soutien <3

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  4. J'ai juste pas compris le coups des 'néfastes' mais sinon, tu avais quand même bien expliqué hier... N' t'excuses pas de ne pas être comme d'hab', on a tous des bonnes ou moins bonnes périodes, et on ne va pas t'en vouloir pour ça... Enfin moi non. J'espère juste sincèrement que tu iras vite mieux, parce que j'aime la personne que tu es et que te lire me fait du bien ;)
    Plein de bisous et de courage et un ptit câlin, je ne suis pas pro, il paraît que ça soulage les tensions ;)

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  5. Ne t'en fais pas, je crois que ça nous arrive à toutes. Et quelque part, tant mieux si le silence permet de te "protéger" un peu. On est là en cas de besoin, c'est tout... bisous...

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  6. Je ne sais pas exprimer non plus tout ce que je veux par écrit.
    Je ne commente plus trop non plus.
    Mais je te lis régulièrement
    et je t'envoie plein de bonnes ondes :-)

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  7. Ma lilly, je te suis fidèle depuis plusieurs années maintenant (çà nous rajeunit pas hein????) et je sais les épreuves que tu as traversé.... Les copinautes sont là dans les bons et les mauvais moments, çà sert à çà aussi les zamis!!! Pense à toi surtout...soigne toi .... je t'envoie tout plein de bisous et de chaleur pyrénéenne....

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  8. Moi je ne te connais pas ou si peu, je peux te dire une chose dont je suis certaine pour des raisons personnelles c'est que les gens qui t'aime pour TOI vraiment et non pour ce que tu représente sur cette page seront là et comprendront, les autres, ne méritent même pas que tu te préocupe d'eux et je suis bien placée pour savoir ce que je dis...
    Courage et surtout SURTOUT pense à TOI!

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  9. Je comprends si tu savais... j'étais dans le même ressenti ou presque ces 6 derniers mois, ça n'allait pas, ça ne sortait pas... Et puis ça revient tout doucement! Bon courage en tout cas! On est là!

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  10. Ce sont toujours ces billets-là qui sont les plus durs à sortir. Mais ce sont ceux-là qui émeuvent le plus aussi.
    On ne peut pas être au top, tout le temps. On ne peut pas savoir partager, tout le temps. Parfois on a besoin de se replier sur soi. Ca ne veut pas dire qu'on est indifférent, juste qu'on a besoin de recul, de penser à soi avant de penser et partager avec les autres. Et puis un déclic se fait, un petit quelque chose qu'on ne peut pas expliquer, et ça revient.
    Prends soin de toi ma belle, c'est ça le plus important.

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  11. y'a des choses pour lesquelles on doit s'excuser, mais là ça n'en fait pas partie ! Courage ! on continuera de venir prendre des nouvelles ici

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  12. Prends soin de toi, tout arrive à point nommé ;)

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  13. comment dire ...
    déjà : laisse pisser la blogo, faut pas de faire un ulcère parce que t'as raté un rendez-vous ...
    pour le reste, je te suis depuis un moment déjà et j'ai souvent l'impression que le fameux "déclic" est là, pas loin, à ta portée mais que peut être tu ne le vois pas.
    C'est bien d'exprimer ses coups de "moins bien" ça permet d'extérioriser et de se soulager !!
    De là où je suis je ne peux pas te tendre la main (d'ailleurs j'en n'ai plus qu'une en ce moment, le 2ème bras est monopolisé) mais on va dire que virtuellement, oui :)

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  14. je te serre fort dans mes bras...
    Je suis là derrière mon écran, mon téléphone ou ma théière si tu le souhaites

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  15. Moi non plus je ne trouve pas toujours les mots bienveillants sur la blogo, même si le coeur y est. J'espère que la rédaction de cette note t'aura un peu libérée. En tout cas, tu as une très belle plume, Anne Laure. Sois en sûre!! :-) Je souhaite que tout s'arrange pour toi et t'embrasse bien fort.

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  16. J'ai lu ton billet sans y répondre de suite. Je reviens dessus et je me rends compte que je veux simplement te dire que je ne t'ai jamais pensé indifférente. Un peu moins joviale comme tu dis mais je pensais que tu avais moins le temps moins l'envie d'écrire, ce que je trouve légitime aussi de temps en temps. J'espère que tout va rentrer dans l'ordre Anne-Laure mais sache que je te fais confiance pour ça. Je t'embrasse et je suis de tout coeur avec toi ! N'étant pas toujours au mieux de ma forme, je ne peux que te comprendre. Gros gros bisous, amicalement.

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  17. courage à toi, pense à toi avant tout et bravo pour ce billet très émouvant et touchant. bises

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  18. Je trouve courageux d'écrire et publier un billet comme ça. C'est vrai, sur un blog, on s'imagine souvent (on = moi) qu'on ne doit faire part que des bons côtés de la vie, ceux qui sont drôles, ceux qui amuseront le lecteur... mais la vraie vie, c'est des hauts et des bas, et c'est donc normal que ça se traduise aussi sur le blog. Quand ça ne va pas, je préfère me taire, chez moi ou chez les autres. J'espère que toi, écrire ces mots et les disposer joliment, tout en gardant une certaine réserve, (car tu as une écriture très agréable à lire), ça t'aide à te sentir mieux. Comme je ne suis pas douée pour réconforter, en vrai ou virtuellement, je voulais juste te dire que je t'envoie du courage et des bises.

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Et si tu me laissais un petit mot...?