Vis ma vie de chercheuse : l 'esp'OIR fait vivre !

by - mardi, février 26, 2013

Bon, l'esp'OIR, c'est bien beau, je t'en ai un peu parlé la dernière fois, mais il a quand même fallu qu'on me l'explique ! Rendez-vous a donc été pris par un beau jeudi de décembre froid, pluvieux et merdique dans un centre de formation agréé non loin de chez moi. Je ne me fais pas vraiment d'illusion, je sais que c'est aussi un moyen pour Pôle de se débarrasser de moi, pour améliorer ses statistiques, pour alléger les dossiers de ma conseillère. Mais bon, tu me connais, je ne suis pas chiante, je vais jouer le jeu !

Déjà, c'est un truc de ouf', on nous fait attendre dans l'entrée du centre de formation, comme qui dirait en plein lieu de passage, à une heure où il rentre une personne toutes les trente secondes. Nous sommes une bonne douzaine mais seulement trois à saluer les nouveaux arrivants, et même pire : à répondre à leur bonjour, ça fait peur quand même. Je veux bien admettre que cette expérience va me permettre de me frotter à des personnes de tous horizons, de toutes conditions sociales, que tout le monde n'a pas mon grand âge, ni même reçu la même éducation que moi, mais y'a quand même un truc de base du genre non-négociable dans la vie, c'est la politesse. Enfin, je dis ça, mais je m'en fous, je fais partie des trois qui l'ont compris ! Cela dit, dans le même temps, je me dis que cela présage de moments difficiles au cours de cette nouvelle aventure, des moments où je vais probablement avoir envie au mieux de tout casser, au pire de secouer très violemment mes petits camarades...


Arrivée dans la salle où a lieu notre réunion d'information. Salle qui a visiblement subi les assauts d'un truc apparenté à un grand ménage de printemps en plein hiver, vu que les chaises sont retournées sur les tables. Et là, la bonne éducation de mes congénères se confirment : chacun retourne SON siège. Peu importe qu'une fois assis il/elle ne se retrouve à distinguer le formateur qu'à travers une forêt de pieds de chaise, il/elle ne va quand même pas s'emmerder à faire une chose qui pourrait bénéficier à quelqu'un d'autre... Non mais !
Note pour moi-même : nous ne sommes que quatre à sortir un papier et un crayon. Les trois qui savent dire bonjour, jusque là une certaine logique est respectée, plus un qui a dû se réveiller entre temps.

Les explications commencent. Nous sommes des petits chanceux, elles nous sont dispensées par le directeur de l'organisme en personne. Pendant ce temps-là circule parmi nous une feuille de présence qu'on nous a demandé de compléter avec notre numéro de téléphone, si toutefois nous acceptons de le donner au centre de formation, et d'émarger. À la troisième personne, la feuille bloque. Mais bon, tout le monde semble s'en foutre... Au bout d'un moment, le boss s'en aperçoit : "Un problème avec la feuille d'émargement...?
- Non M'sieur, c'est juste que j'ai pas de stylo...
- Bon, je vais aller vous en chercher un. Ça aurait été bien de penser à en avoir un, il y a quand même quelques notes à prendre ce matin..."
Il va chercher le stylo, il revient, la feuille peut donc reprendre son petit trajet autour des tables. Seulement, deux personnes plus loin, c'est le drame : elle s'arrête à nouveau... "Un problème avec la feuille d'émargement...?
- Non M'sieur, c'est juste que j'ai pas de stylo...
- Bon, je vais aller vous en chercher un. Ça aurait été bien de penser à en avoir un, il y a quand même quelques notes à prendre ce matin..." Pince-moi, je rêve... La gonzesse, elle aurait pas pu le dire avant...??? Ouais parce que, je t'explique, il semblerait que les remarques de notre formateur aient enfin réveillé certains : la première sans-stylo s'est mise à prendre des notes. Certes sur un bout de papier de 5 centimètres de côté, mais on considèrera tout de même que c'est mieux que rien ! Du coup, le stylo qu'on est allé lui chercher, elle l'a gardé.
Toujours est-il que le responsable du centre repart vers son bureau mais, coupé dans son élan par une fulgurance venue d'on-ne-sait-où, il revient sur ses pas, passe la tête par la porte : "Des stylos, il en faut combien...????". Et v'là t'y pas une demi-douzaine de mains qui se lèvent ! Une demi-douzaine de personnes que visiblement ça ne dérangeait pas de lui faire faire des aller-retours pour, à chaque fois, un stylo... Je sais pas toi, mais moi, je trouve ça juste flippant en terme de capacité à s'adapter à la vie en société... Et je m'en veux mais je ne peux m'empêcher de penser que, pour le coup, je suis quand même au-dessus du lot.

Ce que j'omets de te préciser, c'est que, tout au long de cette première demi-heure, des personnes continuent d'arriver au compte-goutte, de s'installer dans la salle sans un bonjour, ni encore moins un excusez-moi pour mon retard. Parmi ceux qui sont arrivés à l'heure, c'est un festival : on se balance sur les chaises, on textote à tout-va sans même s'en cacher, on roule des cigarettes sous la table et plus si affinité. Je te rassure, on doit quand même être trois-quatre à suivre, je veux dire à vraiment suivre !
Pas de bol pour le sixième retardataire, la patience du formateur a ses limites et visiblement, là, elles ont été atteintes : il a beau arriver en disant bonjour, avec une excuse agrémentée de chaussures bien cirées, l'accès à la salle lui est refusé, pour l'esp'OIR, lui, il faudra qu'il repasse...!

En parlant d'esp'OIR, je sais que tu as besoin d'explications, alors je te la fais courte : il s'agit d'un dispositif mis en place par le conseil régional de Normandie du Bas destiné aux demandeurs d'emploi ou aux personnes en situation d'emploi précaire. Un genre de bilan de compétences amélioré qui débouche sur une formation qualifiante en adéquation avec le marché du travail sur la région. C'est un petit peu plus clair et mieux expliqué .

Bref, la réunion se poursuit, tant bien que mal. Finalement, moi, je m'en fous, je prends des notes, je pose des questions, je m'informe et au fil des minutes qui passent, je me dis que ce truc est vraiment génial, du genre fait pour moi, et que je ne peux pas laisser passer cette opportunité qui m'est donnée. C'est donc sans la moindre hésitation que je valide à l'issue de la réunion mon entrée dans le dispositif.
Je ne te cache pas qu'à ce moment-là, je me pose pas mal de questions sur mon aptitude à supporter d'être entourée par des gens qui sont ravis de savoir que le centre fait preuve de souplesse et ne déclare pas systématiquement nos absences à Pôpôle, qui se sentent rassurés par l'idée qu'ils peuvent quitter la formation du jour au lendemain sans avoir de compte à rendre... Ouais, parce que c'était le niveau des interrogations du jour quand même... :/

La prochaine fois, je te raconte ma rencontre avec Christine et comment j'ai failli me faire pipi dessus de rire lors d'une séance collective de tests de maths et de français.

*

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17 commentaires

  1. J'ai jamais eu de formation aussi fun avec Paul...

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  2. Arf, j'adore! Moi aussi j'espère pouvoir récolter une formation payée par Paul, et vivre autant d'aventures^^

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  3. Comme j'ai travaillé des année en SEGPA, ce qui te paraît incroyable fut mon quotidien professionnel...
    C'est un autre monde parfois, un monde qu'on est bien loin de connaître.
    Ce qu'on pense être des codes de vie en société connus par tous, des attendus comportementaux connus par tous s'avèrent bien dérisoires.

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  4. mon Dieu mon Dieu c'est affligeant ... les gens sont complètement assistés ou ils n'y croient plus, c'est ça ? C'est bien dommage ...

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  5. Ouais je ne suis guère étonnée mais me demande vraiment ce que je vais pouvoir supporter si ma boite ferme... je ne suis pas certaine de ne pas péter un plomb rapidement avec un tel public

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  6. Je vois qu'on a reçu le même type d'éducation ! Ce qui compte c'est que cette formation te plaise et que les autres, et leur je-m'en-foutisme, ne t'empêchent pas d'avancer et de réussi. Bises

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  7. Moi je retiens le positif: cette formation te plait!!! Vivement la suite ;o)

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  8. Je suis entièrement d'accord avec toi pour l'idée que Paul envoie les chercheurs d'emploi dans des formations parce qu'il ne sait pas toujours quoi en faire.. Avec de la chance, le chercheur peut tomber sur une formation intéressante... Ce qui a l'air d'être ton cas ! Tant mieux !
    Je ne suis pas tellement étonnée par le public... Mais c'est quand même frustrant et énervant...
    Je suis comme toi, rien que le bonjour quand on arrive... ça ne coûte rien !
    Gros bisous et bon courage !

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  9. Moi ça me fait peur tout ça.
    Je pensais que certaines régions étaient épargnées quand même. Visiblement, non!
    Courage!

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  10. Voilà pourquoi j'aime pô les gens.... ce genre de comportement, je ne le supporte pas!
    Heureusement que cette formation a l'air bien et que cela te plait, je suis contente pour toi!
    Bisous et bon courage avec la suite!

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  11. Je ne suis pas surprise de ce que je lis et en même temps ça me sidère de savoir que des gens sont aussi peu motivés alors qu'on leur OFFRE quelque chose d'intéressant. Désespérant.

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  12. Oh punaise, je me suis crue au lycée! L'impolitesse, l'absence de stylo, le retard, l'entrée sans s'excuser, etc. Le comportement en général. Et dire que je leur dis sans cesse : "Il faut être poli, respectueux, etc. Vous verrez quand vous chercherez un emploi..." Je continue à le leur dire ou pas?

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  13. Oh la la, j'ai ce genre de formation la semaine prochaine, à voir si c'est aussi palpitant que la tienne!

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  14. Venir à une réunion sans avoir de quoi noter ... C'est quand même balaise !

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  15. Ce qui m'étonne le plus, ce ne sont pas ces comportements (on sait que ça existe!) mais la patience du formateur.
    dans le même cas, je ne pourrais pas m'empêcher de leur rappeler les quelques règles élémentaires de savoir-vivre...
    mais je suis une mauvaise!

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  16. Tant mieux s'il y a une opportunité pour toi...pour le reste nocomment...c'est affligeant
    bisous

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  17. Mdr ! C'est malheureusement la triste réalité de la vie. Effectivement, on sort du lot quand on est "normal" de nos jours. Le principal étant effectivement que tu puisses trouver ce que tu cherches. Bizzzzzzzzzzzzz

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Et si tu me laissais un petit mot...?