Lettre à la Médecine du Travail

by - mardi, avril 24, 2012


Avant de te dire tout le bien que je pense de toi, figure-toi que j'ai pris la peine d'aller me renseigner sur les termes précis de ta mission. Histoire d'assumer les moments de mon histoire où c'est moi qui en demande trop, on ne sait jamais... Pas de bol pour toi, dans les grandes lignes, ta mission, c'est la préservation de la santé physique et mentale des salariés que tu prends en charge...

Comment expliques-tu donc que j'ai poussé la porte me menant à toi, remplie d'espoir, quasi certaine que mon calvaire était à quelques minutes de prendre fin, forte de tous les encouragements que j'avais reçus jusque là et des courriers de mon médecin traitant, du praticien-conseil de la sécu indiquant qu'il était dangereux pour moi, néfaste pour ma santé, que je retourne dans cette entreprise, et qu'au terme de l'heure et demi qu'a duré notre rendez-vous, elle s'est refermée sur mon visage dévasté, sur mes yeux gonflés d'avoir trop pleuré, sur des sanglots impossibles à arrêter, sur la sensation d'être embarquée dans une spirale sans fin, vers un puits sans fond...???

Comment expliques-tu qu'alors que tu as sous les yeux mon dossier sur lequel ton prédécesseur a inscrit au fil des années en gros, en gras, en large et en travers, les termes dépression grave, malaise dans l'entreprise, harcèlement caractérisé, ainsi que le nom des médicaments qui parviennent tant bien que mal à me faire tenir et l'hallucinante posologie que j'ai parfois dû respecter, tu décides que c'est à moi de faire des efforts et de retourner me frotter aux personnes qui m'ont mise dans cet état-là et m'ont quasiment fait perdre deux ans de ma vie...???

Comment expliques-tu que je sois obligée de trouver des mots simples pour t'expliquer ce qu'est un échelon hiérarchique parce que tu ne maîtrises pas toutes les ficelles du français, de te préciser la signification du sigle CMP (centre médico-psychologique si, toi non plus, tu ne sais pas, mais toi, c'est moins grave, tu n'es pas médecin du travail...), d'insister sur le fait qu'un délégué du personnel ne siège pas systématiquement au CHSCT de son entreprise...???

Comment expliques-tu que tout ce qui constitue des éléments à charge contre l'entreprise, je ne parlerai ici par exemple que des six employés (sur dix que comptait l'équipe) ayant abandonné leur poste parce qu'il n'en pouvaient plus de subir tout ce qu'ils subissaient au quotidien sans que jamais leur souffrance ne soit entendue... A-ban-do-nner son poste : as-tu seulement idée de l'extrémité à laquelle il faut avoir été poussé pour en arriver là, dans la société dans laquelle on vit actuellement...??? Sais-tu seulement quelle a été la dernière pensée de ces personnes avant de commettre cet acte irréversible et, somme toute, dangereux...??? Moi je sais. Parce que je les connais, et que je les aime. Parce que ce sont mes collègues (tu vois, le temps a passé et je ne peux m'empêcher de parler au présent, parce qu'eux et moi faisons et ferons toujours partie d'un tout, parce que nous sommes frères et sœurs de douleur.) et que nous avons fait tout ce que nous pouvions pour traverser cela ensemble, pour tenter de nous soutenir les uns les autres mais que finalement, là aussi, nous avons échoué... Cette dernière pensée, je te la livre, ça a été : il faut que je sauve ma peau !!! Sauver sa peau... Y'a rien qui te choque, là...??? On est dans le monde du travail. Pas à la guerre...
Bref, comment expliques-tu que tous ces éléments-là, qui plaident plutôt en ma faveur, tu aies choisi de les éluder, sous prétexte que "je ne suis pas les autres" (Céline Dion, sors de ce corps !)...???

Comment expliques-tu qu'un rendez-vous en tes murs se termine non pas aux urgences psychiatriques (pour la seule raison que mon Chéri n'avait plus, hier soir, même si la situation était plus qu'alarmante, la force physique de donner tout ce qu'il est amené à donner et qu'on a finalement trouvé une solution pour ne pas en arriver là...), mais tout du moins dans des angoisses, des crises de larmes, une tension et une migraine insurmontables, jamais connues, ainsi que dans une boîte de médocs que je n'avais plus ouverte depuis plus d'un an maintenant...???

Trouves-tu normal que, pendant cette entrevue, tu n'aies fait que te retrancher derrière l'Inspection du Travail, sans jamais te montrer capable de prendre la moindre décision...??? Que tu persistes à ne pas vouloir comprendre que dénoncer mon employeur à cette même inspection du travail revenait à venir travailler avec une cible accrochée sur le front...??? Que je suis paniquée à l'idée de me retrouver face à ces gens qui m'ont traînée plus bas que terre...???
Trouves-tu normal de dire à un employé dont les droits élémentaires ont été bafoués, qu'il a signé un contrat de travail et qu'en conséquence, il doit faire ce que son employeur lui demande de faire...??? De ramener le calvaire qui est le mien depuis trois ans à la simple notion de stress...??? De ne pas vouloir comprendre qu'à chaque fois que mes collègues ou moi avons tenté d'alarmer notre direction sur la situation, nous nous sommes fait botter en touche, que nos appels à l'aide n'ont jamais été entendus...???
Trouves-tu normal de laisser quelqu'un se mettre dans un état comme celui dans lequel je me suis mise, bien malgré moi, devant toi hier sans montrer le moindre geste de compassion...??? Sans même que cela semble t'inquiéter outre mesure...??? Sans être capable de proposer un verre d'eau, un mouchoir, ou éventuellement une pause...???
Trouves-tu normal que mon médecin traitant et le médecin de la sécurité sociale soient effarés, atterrés, je le sais, je les ai eus au téléphone, par la décision que tu as prise, à savoir justement celle de ne prendre aucune décision et attendre qu'un spécialiste te prouve que je ne peux pas retourner dans cette boîte...??? Et ceci alors que, pour eux, il était question d'une simple formalité... Pour moi aussi. Je ne te dis pas la claque dans la gueule...

J'ai eu un mal fou à me contenir jusqu'à la fin mais j'ai finalement tenu bon. Et surtout, sois sûre que je tiendrai bon encore longtemps. Jusqu'au bout. Jusqu'à ce que j'ai obtenu ce pour quoi je me bats avec mes médecins. Tiens-le toi pour dit !

Et je te jure, quand cette affaire sera terminée, je reviendrai te voir et je viderai mon sac à tes pieds. Ce jour-là, j'espère vraiment pour toi que tu n'auras pas eu la bonne idée de mettre tes plus belles pompes : ce qu'il y a dans mon sac est vraiment dégueulasse, tout ce que tu viens de lire n'en est que la partie la plus racontable....... Ton rôle, je te le rappelle, c'est la préservation de la santé physique et mentale des salariés que tu prends en charge........

*** Tu ne fais évidemment pas partie de ceux qui m'aiment et se font du souci pour moi, mais à ceux-là, je n'ai qu'une chose à dire : je vais bien, ne t'en fais pas ;-) ! ***

*
Photo : WeheartIt.

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42 commentaires

  1. Hé bien. Je ne me plaindrai plus de ne pas avoir de médecine du travail dans mon boulot. Parce que finalement, ça ne sert à rien... Bien dommage!

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    1. On est même bien au-delà de la notion d'inutilité en ce qui me concerne... Hélas...

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    2. PS : la fin de mon comm a disparu... Je disais : moi je ne trouve pas ça normal!

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    3. Bonjour,
      Je suis médecin du travail et je suis profondément touchée par votre témoignage. J'ai fait hier une présentation publique sur la souffrance au travail, un sujet qui me tient particulièrement à coeur. je confirme que des situations comme la votre sont intolérables. je me suis battue mainte et mainte fois, mais je me suis fait "virée" toute les fois où j'ai dérangé par mes propos qui ne visaient qu'à préserver la santé des salariés? et oui ! virée, il a suffi d'un simple coupe de fil à mon président d'association de médecine du travail pour me déplacer sous menace de ne plus adhérer à l'association et donc perte financière. Les syndicats ont mollement réagi..la souffrance au travail et la préservation de la santé est l'affaire de tous, un médecin du travail tout seul n'a aucun pouvoir, seulement le pouvoir de sa parole. Par contre je suis d'accord avec vous, je n'hésite pas à prononcer une inaptitude lorsque c'est l'intérêt vital du salarié... Bon courage à vous, vous avez toute ma compassion

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    4. Bonjour
      moi aussi je suis médecin du travail depuis 20ans dans un service Où les directeurs nous ont toujours soutenus en cas de difficultés avec les employeurs(ce qui n'est pas le cas de tous les services de médecine du travail en France).Dès que l'on met le "nez dans leurs affaires"ils nous attaquent auprès du conseil de l'ordre des médecins ,de la direction du travail...et font tout pour nous faire virer de leur entreprise.Mais je n'ai jamais eu peur peur de leur tenir tête car j'invoque "notre indépendance" (codes du travail de la santé publique et code de déontologie)et notre mission justement de préserver la santé physique et mentale des salariés mais c'est une obligation aussi pour l'employeur dans le code du travail.
      J'alerte Le CHSCT quand c'est une grande entreprise ou l'inspection du travail quand je ne peux rien faire seule:il a le pouvoir de verbaliser nous pas.
      je n'hésite pas non plus à prononcer une inaptitude en urgence(15 en 2011 pour mise en danger de la santé)
      Je défends mon métier et mes collègues:peu de médecins sont comme celui que vous avez rencontré.Des collègues souffrent aussi dans leur sitution conflictuelle avec leur propre employeur:une de nous s'est suicidée en 2011!
      Je ne pense pas vous avoir convaicu mais sachez que nous faisons tout ce que nous pouvons pour aider les salariés à leur poste de travail.
      Nous avons dans notre région aussi un centre de consultation de santé mentale et travail où nous adressons les salariés en souffrance et qui les aide à sortir de leur entreprise...
      Bon courage pour la suite et bonne chance dans votre reconstruction de votre santé

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  2. Bouh j'ai envie de pleurer :(
    Ce médecin du travail ne sait manifestement pas faire son boulot !

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    1. C'est surtout qu'elle est jeune et je pense qu'elle applique les consignes de façon très scolaire...

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  3. Pfff je suis mal pour toi... Je t'envoie toute mon amitié...
    Continue à prendre soin de toi...
    Bisous

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    1. Merci ma Papo... Ça fait un bien fou de se sentir soutenue ;-) !

      Bisous !!!

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  4. J'ai vécu cela mais j'ai eu un médecin du travail qui savait prendre ses responsabilités... Celui que tu as rencontré est vraiment un pourri! Courrage à toi;

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    1. Merci Dany !
      Là où je suis écoeurée, c'est que ce n'est pas le médecin qui me suit habituellement que j'ai rencontré lundi... Et que je sais très bien qu'avec elle, ça n'aurait pas duré une heure et demi, et que je serais ressortie de là avec le certificat d'inaptitude tant attendu.......

      *

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  5. Tout cela résonne trop fort dans mon cœur et me renvoie à mes propres douleurs.Bien souvent, c'est plutôt le médecin de la sécu qui ne comprend rien. Tiens bon et prends soin de toi.

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    1. Justement, je me dis que, dans mon combat, j'ai l'immense chance d'être soutenue par le médecin de la sécu !

      Merci à toi.

      *

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  6. Ah putain, j'aime pas lire ça de bon matin, et je n'imagine qu'un peu de la détresse dans laquelle tu as pu te trouver face à une institution de ce genre...
    Je suis réellement désolée que tu doives encore en passer par tout ça, mais j'aime à croire que ta détermination paiera et que bientôt, c'est la tête haute et la poitrine en avant que tu iras leur faire un gros FUCK parce qu'au final, tout ça ça les dépasse, mais toi tu sais où tout se joue réellement...
    Je pense à toi, courage ♥

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    1. Très honnêtement, et sans exagération aucune, j'ai cru mourir lundi soir, tellement j'étais mal...
      Mais t'inquiète, j'ai très rapidement relevé la tête !!!

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  7. je suis révoltée de ce genre de comportements i,digne des missions qui sont confiées...
    je pense fort à toi et te souhaite sincèrement de réussir à lui faire entendre raison...
    courage :-)

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    1. Je me suis sentie mise en danger comme jamais... C'est terrible quand la personne qui est sensée te protéger t'envoie au casse-pipe...

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  8. J'en ai les larmes aux yeux...
    Je ne sais pas quoi dire à part que le monde de l'admnistration est bourré de connards qui ne voient jamais l'humain derrière un numéro de dossiers

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    1. Celle que j'ai rencontrée mérite la palme, je n'ai jamais vu ça......

      *

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  9. J'en suis abasourdie... Dans mon cas ce serait plutôt le contraire... Un médecin qui VEUT absolument me faire dire que ça ne va pas alors que ça va bien...

    Tu sais quoi ??? Ton billet tu devrais en faire une lettre avec AR car l'inhumain qui t'a reçue à certainement un supérieur hiérarchique au-dessus de lui...

    Vas-y, fait le... Je ne vois pas comment on pourrait ne pas comprendre ta détresse après lecture de tes mots...

    Courage

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    1. On échange nos médecins...??? ;-))))

      Le billet, je crois bien que je le leur enverrai une fois que tout ça sera terminé. En ma faveur évidemment !

      Merci pour le réconfort !

      *

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  10. C'est juste catastrophique ce que tu nous décris là. Je les trouvais déjà inutile en règle générale (même si bon, je sais bien qu'il ne faut pas faire de généralité) mais là c'en est effarant !! o_o
    Je te souhaite très sincèrement de tenir bon et qu'enfin tu obtiennes ce pour quoi tu te bats.

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    1. La chute n'en a été que plus dure puisque, jusque là, j'étais suivie par un autre médecin à qui je n'avais pas besoin de re-raconter mon histoire à chaque visite, qui avait bien compris la galère qui était la mienne, qui, dès les prémisses de cette histoire, m'a rassurée sur le fait que je n'y étais pour rien... Et pourtant, Dieu sait si c'était une femme dure, voire pas commode...
      Enfin, c'est la vie...!

      Je sais que je tiendrai bon, c'est l'essentiel aujourd'hui !!!

      *

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  11. moi j'avais eu droit à "les gens comme vous, on ne sait pas quoi en faire". Sauf que le problème ne venait pas de moi, salariée, mais de mon patron. Faudrait faire passer des tests psy aux chefs d'entreprises avant de les autoriser à embaucher.
    Je crois que je m'y suis prise suffisamment tôt pour ne pas croire que le problème venait de moi, claquer la porte et voir ailleurs si j'y suis. BISOUS

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  12. La médecine du travail est orientée dans ses actes, par le travail donc ce sont des "vendus" à l'entreprise. Ce manque d'indépendance peut se faire plus ou moins sentir. Ici c'est flagrant. Cependant, en cas de dépression, longue maladie, ce qui m'est arrivé aussi de subir, il est bon de s'éloigner de ce qui te fait souffrir pour guérir. Pas d'acharnement inutile: ils te gonflent, tu tombes malade, tu t'arrêtes pour maladie...le temps qu'il faut. Guérir avant de penser à remettre un pied chez eux. Après coup on peut se sentir assez fort pour combattre harcèlement, injustice, etc.Pendant ma maladie je ne supportait plus l'idée même de reprendre mon ancien travail. Avec la guérison, j'ai raccroché l'idée et à présent j'ai repris à temps partiel. J'ai décidé de m'octroyer plus de temps (moins d'argent) pour me sentir plus libre vis à vis de mon entreprise. Ces pauses sont nécessaires à mon équilibre psychique.
    Tu as le droit de vouloir justice pour ce qui t'a blessé de la part de ton employeur : ce qui le fera le plus chier c'est que tu reviennes, guérie, et que tu ne baisses plus les yeux face à lui, que tu t'incrustes, que tu restes et que ça le fasse chier à son tour!
    Reprends des forces, soigne toi au calme, profite de cette pause pour te reconstruire plus forte. Car malheureusement cette boite ou une autre les pervers du pouvoir sont partout. Je te souhaite un bon rétablissement, loin des persécuteurs.

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  13. Lire tout ça me met hors de moi.
    Sachant (en partie évidemment) ce que tu as déjà traverser, je ne peux qu'imaginer ce qu'a du être pour toi ce rendez vous.
    J'espère de tout coeur que toute cette histoire se terminera vite, et bien, pour toi.
    Des pensées.

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  14. Et ben... je suis atterrée... Comment on peut faire preuve d'autant d'inhumanité? Et le serment d'hypocrite euh pardon, hypocrate alors?
    T'as vraiment tiré le "gros lot" et tombé sur superconnard là...

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  15. Je suis vraiment choquée de lire cela, tous ces gens qui ne voient rien derrière des numéros de dossier!

    Mais regardez il y a des gens qui souffrent en France dans leur travail mais lorsque l'on parle de cela, la Médecine a du mal à nous croire. Heureusement que ton médecin de sécu te soutient, tiens bon, Anne-Laure, cette épreuve te rend fragile maintenant mais cela te rendra carrément plus forte par la suite!

    Allez courage!

    des bises, et a+!

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  16. Choquée, triste, je ne peux que souhaiter qu'un visage plus humain s'offre à toi.

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  17. ma Lilly, il n'y a aucun mot pour qualifier l'attitude de cette institution .... je suis vraiment atterrée par sa décision....tiens bon ma belle!! je t'envoie toutes mes tendres pensées... c'est tout ce que je peux faire, mais c'est du fond de mon coeur...
    plein de bisous !!!!

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  18. Je n'avais pas lu ce billet Anne-Laure, je ne savais pas que tu étais dans un cas semblable du mien.
    Dans mon dossier, avec mes avocats, il est évoqué la "non assistance à personne en danger" de la part des infirmières et des médecins du travail. En plus, en comparant nos dossiers, avec une autre collègue victime de maltraitance, nous nous sommes aperçues qu'il nous manquait des mentions, et que les médecins consignaient des faits sur le dossier qui "arrangeaient" l'employeur.
    Ils ont peur aussi pour leur place car ils sont salariés.
    Un projet pour les associations qui militent dans le domaine, serait de les rendre indépendants de l'employeur dans des organismes spécialement dédiés !
    Ce n'est pas facile de dénoncer tout cela, nous sommes souvent "incomprises".

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  19. Je tombe un peu par hasard sur ce blog et je suis atterré par ce triste récit ...!!!!

    Je suis médecin du travail depuis plus de 25 ans (et fier de l'être) , pensant collaborer à l'amélioration de la vie de mes semblables , et bien que nos moyens ne soient pas coercitifs , la moindre des choses que les salariés puissent attendre de nous , c'est une écoute bienveillante , empathique , mais aussi la nécessité de ne pas laisser se dégrader la santé des personnes que l'on suit notamment dans le contexte decrit ; l'inaptitude temporaire et (ou) définitive fait (encore) partie de nos prérogatives...
    Par ailleurs , ce type de témoignage (qui met à mal le métier que j'adore) vient aussi du fait que la profession se dégrade ; par le manque de médecins , par l'augmentation de la charge de travail , mais aussi par l'embauche dans certain services de médecins francais ou étrangers peu ou pas formés ..
    La dimension du risque psychosocial en Roumanie n'est peu-être pas la même que dans les pays occidentaux ..
    En tout cas , je suis sincèrement désolé de ce qui a pu vous arriver.

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  20. pfm
    Je suis médecin du travail.
    je suis aussi consterné que vous par le comportement du médecin qui vous a reçu.De tels médecins jettent le discrédit sur une profession déjà peu considérée. J'abonde dans le sens de mes collègues qui témoignent. Malheureusement aussi, cela donne aussi prétexte à tous les lieux communs sur nous : inutile, administration, vendus au patronat etc. Ce que je lis montre bien la méconnaissance que le public a de notre métier et de son organisation.Mais certains seront contents, nos députés on voté sans oser le dire la mort programmée de ce métier. Et les syndicats font l'autruche.
    Quant à vous, votre médecin du travail habituel a l'air de faire son boulot correctement, tout n'est pas perdu.

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  21. Juste un petit commentaire pour te dire "courage" et "accroche toi" ! C'est incroyable de voir autant d'indifférence.

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  22. J'ai connu tout ça! J'ai abandonné pour sauver ma peau. Mais quand je te lis ça me fais pleurer et je revis tout! Putain dans quel monde on vit! On envoie des sondes dans l'espace à la recherche d'autres formes de vies mais on est pas foutu de bien vivre les uns avec les autres.

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  23. Pouh la la, je n'avais pas vu ce message... bien du courage Anne-Laure et je sais que tu es bien entourée, heureusement.
    Il n'y a pas de raison que tu ne finisses pas par "faire éclater la vérité" si tu ne lâches pas le morceau.

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  24. Bonjour, je n'avais pas vu ce billet, juste un petit mot de soutien en te souhaitant que tu obtiennes ce qui t'es dû. Bon courage!

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  25. Bonjour,

    Je suis aussi médecin du travail et consterné par un tel comportement d'un(e) collègue. Ce que vous devez savoir, c'est que l'avis formulé par un médecin du travail est susceptible d'être contesté par vous: vous pouvez faire appel de cette décision d'aptitude auprès de l'inspecteur du travail qui doit statuer rapidement après avis du médecin inspecteur. Vous n'êtes pas obligée de subir cette avanie supplémentaire: cette démarche permet de faire intervenir l'inspection du travail dans l'entreprise pour comprendre les tenants et aboutissants de votre contestation de l'avis d'aptitude du médecin du travail. Cela pourra avoir une effet positif pour vous en vous permettant d'agir et pas seulement de vous indigner. Courage. Cordialement

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  26. anne aux nîmes et un peu plus au sud21 mai 2012 à 13:06

    Bonjour,
    Un médecin du travail, un de plus qui vous écrit...
    mais peut-être pas dans les mêmes termes.
    J'ai lu, j'ai relu votre cri. Il s'agit bien d'un cri.
    Au travers de vos mots bien écrits (bien Eh cri! maintenant)je me suis mis dans la peau de celui qui vous a reçu.
    Je me permets donc quelques commentaires. Peut-être serviront-ils au débat. Peut-être vous serviront-il. Peut être serviront-ils au médecin du travail qui vous reverra.
    Peut-être ne serviront-ils pas.
    C'est donc un Médecin qui ne vous connaissait pas. Ce n'était pas votre Médecin du travail habituel. Il a pris le temps avec vous, 1h30, alors qu'habituellement les vistes sont planifiées sur 15 mn en moyenne... Il a donc surement pris le temps de vous écouter, de réfléchir, de "poser" sa décision...c'est rare et c'est tout en son honneur.
    Il n'a pris aucune décision sinon celle de vous adresser à un spécialiste... Que penserait-on d'un chirurgien qui voit une personne pour la premère fois et après 15 minutes lui annoncerait qu'il faut l'amputer des 2 jambes, et tout de suite ...? Que penserait-on d'un médecin du travail qui voit une personne pour la première fois et après 15 minutes lui annoncerait qu'il est inapte à son poste, qu'il risque de perdre un CDI, et ce sans tous les éléments médicaux qui pourraient lui être nécessaire pour prendre une telle décision ?
    la suite sur un prochain message

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  27. anne aux nîmes et un peu plus au sud21 mai 2012 à 13:08

    La suite du precedent message:
    Vous parlez de harcèlement caractérisé...vos droits élémentaires ont été bafoués...
    Vous avez avec vos collègues "tenté d'alarmer" votre direction...qui a botté en touche.
    Avez vous fait un écrit à votre direction en demandant que celà cesse ?
    Votre direction vous a-t-elle répondu par écrit ?
    Avez vous alerté par écrit les Délégués du Personnel
    Avez vous alerté par écrit le Comité d'Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) ?
    Avez vous fait ces écrits de façon collective (vous ne paressez pas la seule concernée dans l'entreprise) pour donner du poids à votre situation ?
    Vous avez des droits. Le harcelement et le non respect des droits du travail sont du ressort de la loi, et ses juridictions civiles voires pénales et prudhommales. Avez vous porté plainte en ce sens ?
    Avez vous fait un écrit à l'Inspection du Travail ?
    Celà dure depuis des années...Avez vous écrits à ces gens, à ces instances ?
    Avez vous écrit au Médecin du Travail ?
    la suite sur un prochain message

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  28. anne aux nîmes et un peu plus au sud21 mai 2012 à 13:09

    La suite des 2 precedents messages:
    Ecrivez !
    c'est d'abord thérapeutique...
    Ensuite, "qui ne dit rien consent"...
    Si vous n'écrivez pas à la Direction de l'entreprise, elle sera la première à vous dire "mais on ne savait pas... mais pourquoi ne pas nous l'avoir dit plus tôt ?..."
    et si l'entreprise ne vous répond pas, c'est qu'elle consent...
    qu'lle est en accord avec ces méfaits et ce harcelement donc implicitement qu'elle le cautionne.
    Vous pourrez alors utiliser cette non réponse comme une "arme"...juridique.
    Parlons de votre poste:
    Avez vous demandé une mutation ? (changer d'horizon sans perdre son emploi...)
    Vous souhaitez quitter l'entreprise ?:
    Avez vous demandé par écrit une rupture conventionnelle du contrat de travail ? (il faut que les deux parties soient d'accord. Rien ne vous interdit de la demander)
    Vous souhaitez quitter l'entreprise ?:
    Vous pouvez demander un fongecif ou faire un DIF vous permettant de quitter l'entreprise, dans un deuxième temps, avec un bagage de formation supplémentaite...
    Vous souhaitez quitter l'entreprise ?:
    La démission + plainte vous ouvre droit aux allocations chomage (c'est le chomage involontaire) il faut présenter au pole emploi copie de votre lettre de demission adressée à votre employeur + le justificatif de votre dépot de plainte auprès de la gendarmerie ou de la police. Des collègues ont déjà porté plainte ? nous sommes dans le collectif; il ya des choses à faire sur le plan juridique. Vous êtes la première à porter plainte ? si celà ne sert pas pour vous, celà servira pour les autres !
    Le Médecin du Travail ne peut pas "tout".
    L'inaptitude a votre poste ne reglera pas "tout".
    mais vous vous avez des choses à faire...et vous pouvez les faire !
    Vous encensez votre Médecin Conseil de la SS et votre Médecin traitant... Vous ont ils conseillé et mis en place une invalidité catégorie 2 (en tenant compte de la réalité de votre état de santé bien sur) vous permettant de quitter l'entreprise...
    Le Médecin du Travail ne peut pas "tout".
    L'inaptitude a votre poste ne reglera pas "tout".
    Pour les pb de harcèlement, j'ose dire que la personne n'est pas malade (meme si il y a un retentissement) c'est l'organisation le management le relationnel de l'entreprise qui defaille, pas le salarié.
    Le harcèlement continu malgré vos ecrits ? l'entreprise ne vous merite plus. Quittez la par les mynes indiquez plus haut
    mais pas par l'inaptitude. Vous êtes victime, pas malade. C'est sensiblement different.
    Avec l'inaptitude médicale, vous vous retrouvez chez vous, en victime, sans emploi, convaicu que vous êtes malade et dans l'incapacité ultérieure d'affronter une quelconque difficulté professionnelle.
    Par les autres voies de départ, vous partez la tête haute, non malade ou alors déjà guérie, conquerante pour une autre activité professionnelle.

    Voici donc pour vous un certain nombre de pistes pour vous qui ne sont pas du ressort du medecin du travail mais conseillées par ...un médecin du travail.

    J'ai entendu votre cri.
    criez, battez vous !
    mais contre les bonnes personnes.

    Courage

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  29. de la part d'un autre médecin du travail
    je comprend votre incompréhension de la situation.
    Je suis médecin du travail depuis 35 ans c'est un métier passionnant, qui permet de rendre service aux salariés mais est très dur quand on veut l'exercer correctement et de plus il est mal enseigné car en faculté on ne sait pas ce qu'est la réalité de l'entreprise! Par contre les employeurs n'apprécient pas son acivité et ils organisent toute l'activité pour géner leur fonctionnement.
    Pour bien fonctionner le médecin du travail doit être indépendant, mais la vraie indépendance n'est pas un statut particulier ni l'absence de pression c'est l'équilibre des pressions! ce qui veut dire que pour bien fonctionner le médecin du travail doit dépendre d'une structure contenant une direction partagée entre les représentants des salariés et des employeurs, ce n'est pas encore le cas même si on s'en rapproche petit à petit.
    Dans votre cas je vous invite à deux choses :
    la première à rapporter votre histoire au délégué syndical du syndicat que vous avez choisi en lui demandant de le rapporter au collègue qui siege au nom de ce syndicat dans le conseil d'administration du service qui emploie ce médecin afin de lui faire savoir par cette voie que votre histoire n'est pas celle d'une personne isolée mais d'une personne insérée dans une organisation syndicale, cela changera son attention !
    la seconde si la première ne fonctionne pas est de vous retourner vers l'inspecteur du travail qui peut contester cet avis d'aptitude et voir avec le conseil du médecin inspecteur du travail (eh oui cela existe) et voir si la solution de l'inaptitude est la meilleure dans votre cas.
    Enfin vous ne donnez pas de nouvelles du précédent médecin, avez vous cherché à le revoir lui qui vous connaissait?
    je vous souhaite bon courage B.P.S.

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Et si tu me laissais un petit mot...?